Vous avez dit Bélize ?

Exploration

Auteur : Denis Lyonnais

Connaissez-vous le Bélize ? Non? Vous n’êtes pas seul…Ce pays grand comme la péninsule gaspésienne passe depuis toujours sous le radar touristique, devancé par le Costa Rica prisé par les amateurs de nature et le Mexique avec ses plages invitantes.

Tourisme durable

Le Bélize serait un secret bien gardé? Sûrement…sauf pour les amateurs de plongée sous-marine qui y ont trouvé un paradis aquatique dans la deuxième plus grande barrière de corail au monde après l’Australie ! Cette barrière qui s’étend sur 380 km de long contient une centaine de petites iles paradisiaques peu peuplées qui offrent aux sportifs ou aux voyageurs en quête de repos des moments inoubliables. Pour le vacancier qui désire jumeler plongée, pêche et sorties sans problème, Ambergris Caye et particulièrement San Pedro est l’endroit tout désigné. C’est la mecque du tourisme de masse avec ses boutiques souvenirs et ses vendeurs ambulants dans un environnement toutefois superbe.

À l’opposé, il y a Caye Caulker situé également en plein centre de la barrière de corail. En débarquant de la navette qui nous amène sur l’île, une affiche indique clairement ce à quoi vous attendre : No Shirt, no Shoes… no Problem. Cette minuscule île (8km de long par…1 km de large !) située à seulement 30 minutes en bateau de Belize city sert depuis toujours de port de relais pour les pêcheurs et les bâtisseurs de petits bateaux de pêche. Ces pêcheurs furent parmi les premiers à fonder une coopérative de pêche en Amérique centrale permettant ainsi d’obtenir un prix raisonnable pour leur produit. Au début des années 60, l’île est « redécouverte » par des communautés hippies qui y trouvent un endroit rêvé pour s’établir ajoutant ainsi à l’ile une impression de paix et de sérénité. Cayer Caulker respire le paradis tropical. Ici, pas d’auto, d’hôtels clinquants ou de speed boat bruyant. La rue principale est en sable, on se promène en vélo ou en voiturette de golf et on déambule lentement parmi les étals de fruits et légumes, les cafés sympathiques et les petits restos qui offrent leurs fruits de mer grillés devant vous.

Mais le Bélize ce n’est pas qu’une barrière de corail…

Niché entre le Mexique et le Guatemala, ce petit pays couvert d’une forêt tropicale luxuriante était un repaire idéal pour les pirates avant que les Anglais le colonisent et le nomment Honduras Britannique jusqu’à son indépendance en 1981. Résultat? Un lopin de terre anglophone coincé dans une vaste étendue hispanophone qui a gardé des coutumes british malgré sa population d’origine très multiraciale (75% des habitants sont d’origines Mestizos ou Créoles).

Les Mayas quant à eux forment 11% de la population et sont concentrés surtout dans la région de Tolède près de la frontière du Guatemala. 

Entrer en contact avec ces communautés, c’est vivre l’histoire en direct. Les nombreuses ruines mayas que l’on retrouve dans tout le pays témoignent de la grandeur de cette civilisation. La ville de Punta Gorda est le camp de base pour visiter cette région composée de plus d’une trentaine de villages Mayas. Toutefois, réserver dans ces hébergements n’est pas évident et il est préférable de communiquer au préalable au Toledo Ecotourism Association ou, mieux encore, à Village Monde afin d’obtenir toutes les informations nécessaires. Les villages de Big Falls, Indian Creek et Golden Stream par exemple offrent des occasions de vivre dans des communautés mayas et de partager leur mode de vie tout en étant initiés à la cuisine traditionnelle…et au chocolat.« Une tasse de cette précieuse boisson permet à un homme de marcher un jour entier sans manger » proclamait Cortez à Charles V à son retour en Espagne en 1528. Ce faisant, le chocolat faisait son apparition dans l’ancien continent alors qu’il était un élément culturel majeur des Mayas depuis plus de 1500 ans! Boire une boisson chocolatée typique comprenant de la vanille, de la farine de maïs, du miel et de la cannelle est un plaisir !

Les vestiges Maya au Bélize sont nombreux et plusieurs sont très bien préservés. Il y a évidemment le magnifique site Altun Ha, facilement accessible à partir de Bélize city mais très fréquenté en haute saison. Xunantunich (prononcer: shoo-nan-too-nik), situé près de l’accueillante ville de San Ignacio (21,000 hab.), est un des plus impressionnants sites du Bélize. Monter son imposante pyramide de près de 50 mètres offre une vue spectaculaire sur l’ensemble du site et sur la forêt tropicale qui l’entoure.

Le Table Rock Jungle Lodge, situé à seulement 20 minutes de San Ignacio, viendra compléter cette superbe étape dans cette région. Fonctionnant presqu’exclusivement à l’énergie solaire, cet hôtel s’auto-suffit en fruits et légumes biologiques en plus d’être très impliqué dans sa communauté. Demandez à Abe Guiterrez de la Savannah Taxi de vous y conduire à partir de San Ignacio. C’est aussi le meilleur guide de la région! Toutefois, c’est Caracol qui demeure le site le plus important du Bélize. Situé près de la frontière du Guatemala, cette imposante ville abritait à son apogée près de 150 000 habitants, soit plus du double de la population actuelle de Belize city ! Mais son accès est plutôt difficile. Plusieurs agences de location refuseront même de louer un véhicule en raison des conditions routières et pour des raisons de sécurité. En effet, plusieurs vols ont été rapportés au cours des dernières années. Il est donc fortement recommandé de visiter ce site en groupe et accompagné d’un guide.

Enfin, il y a la communauté Garifunas concentré principalement dans le centre du pays, issus d’un mélange d’esclaves évadés et d’autochtone qui ont réussi le tour de force de conserver leur langue, leur musique et leur culture. Pas surprenant que cette communauté ait été classée au Patrimoine culturel de l’UNESCO. Leur fête, célébrée le 19 novembre, est l’occasion de célébration dans tout le pays particulièrement à Dangriga et Hopkins. De nombreuses activités sont au programme dont un défilé qui met en évidence les costumes, danses traditionnelles Jankunu et musique grandement inspirée de rythme africain. 

 

Pour les amateurs de nature, le Bélize offre des perspectives intéressantes. Crooked Tree (800 hab.), situé à 50 km de Bélize City, est sans doute le meilleur camp de base pour l’observation des quelques 270 espèces d’oiseaux répertoriés dans ce sanctuaire incluant le Jabiku, un des plus gros oiseaux d’Amérique qui peut avoir jusqu’à 2.6 m d’envergure!

Il y a également l’incontournable Community Baboon Sanctuary (CBS)…qui n’est pas tout à fait un sanctuaire et qui n’abrite pas des babouins. Explication.

CBS est le fruit d’une association de plus de 200 villageois répartis dans 7 villages qui ont décidé d’aider une population de singes en danger d’extinction en établissant un territoire protégé d’environ 20 milles carré, et ce, avec la collaboration de la société Audubon Belize. Le succès fut tel que la population de singes a augmenté au point de ne plus être considérée comme une espèce menacée. Entièrement géré par les femmes des 7 villages concernés, le CBS offre un centre d’interprétation très intéressant ainsi que la possibilité de parcourir des sentiers dans cette jungle et de voir de près ces fameux singes. Attention : crème anti-moustique essentielle !! Pour compléter cette aventure, pourquoi ne pas dormir chez un des nombreux villageois qui offre le gîte? Il n’y a pas de meilleure manière de s’imprégner de la culture de cette sympathique communauté Créole tout en apportant un soutien financier à ce projet qui est l’exemple parfait de l’harmonie entre les villageois et son environnement.

Et les « babouins » dans tout ça ? Sans doute un caprice Bélizien ! En fait, on parle du singe hurleur noir du Yucatan que l’on retrouve presqu’uniquement au Bélize parmi les 9 espèces de singe hurleur. C’est aussi l’un des plus gros. Il faut le voir et surtout l’entendre…le rugissement du mâle à l’aube, qui approche les 130 décibels est une expérience stupéfiante ou même terrifiante pour la personne non avertie.

Quel est le meilleur moment pour y aller? De mi-décembre à avril, c’est la période sèche donc la haute saison touristique donc des frais généralement plus élevés partout. Le soleil est persistant et nous invite à la plongée ou à la farniente le long de la côte. De mai à octobre, c’est la saison des pluies peu propice aux activités extérieures… Mon moment préféré? Novembre. Le soleil refait surface, les prix sont raisonnables et c’est encore la basse saison touristique. On peut donc visiter les sites les plus populaires en toute tranquilité. Réserver à l’avance n’est pas nécessaire ce qui peut laisser de la place à une belle improvisation si le cœur nous en dit…sauf pour Dangriga et Hopkins lors des célébrations Garifunas à la mi-novembre. Suggestion si vous désirez partir en novembre : réservez à l’avance (au moins un mois) pour les fêtes Garifunas et laissez aller votre audace et votre goût du moment vous guider pour le reste. Le pays vous appartient! Le Lebeha Beach Cabana à Hopkins est l’endroit tout désigné pour assister aux célébrations Garifunas. Les revenus provenant de la location des cabines servent au fonctionnement du Lebeha Drumming Center, une école de percussion Garifuna fondée par Dorothy Pettersen, la propriétaire de l’hébergement.

Le Bélize est un pays de contraste qui s’offre facilement au voyageur qui désire vivre un bel équilibre entre la nature, l’histoire, les activités nautiques et la farniente. C’est un pays qui s’apprivoise facilement pour celui qui désire sortir raisonnablement, mais sécuritairement des sentiers battus.

You better Belize it !

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